Malek Chebel (1953-2016) foi um antropólogo, filósofo e psicanalista argelino que produziu uma obra vasta e notável, nomeadamente sobre o Islão. Escritor, foi também jornalista, tradutor e professor de numerosas universidades, tais como a Sorbonne, as universidades de Marrakech e de Tunis, e nos Estados Unidos em Berkeley, Standford, San Francisco, Los Angeles ou New York (Universidade da Cidade de New York e Rockfeller University).
Um dos seus últimos livros é L'inconscient de l'Islam (2015), que comprei quando foi publicado e que leio agora.
Esta obra aborda cinco temas principais: a guerra pelas mulheres, as ideologias do kamikaze, o ma(n)ternel, os livros interditos e os autos-da-fé e a imolação/sacrifício.
Começa o autor por referir que sendo o islão uma terra de paz (dar as-salam) [que eu também designo por dar al-islam] é também uma terra de guerra (dar al-harb), mas antes de tudo uma terra de loucura, com um rosto duplo pulsional e espiritual. E introduz uma questão polémica: as guerras conduzidas pelos diferentes califas e sultões (as guerras santas), que supostamente deviam islamizar o mundo pagão, não foram desprovidas de pensamentos reservados. Tratava-se antes de tudo de povoar o harém do soberano de mulheres jovens vindas de outros lugares a fim de regenerar o sangue da raça. «Exit l'idée de l'expansion de l'islam, l'heure était à l'assouvissement d'un désir de puissance et d'un désir sexuel. Il n'est pas question ici de nommer cela "perversion", "crise du moi", "conduite phobique" ou "schizophrénie", mais c'est un fait , seule la première génération de califes, celle d'Umar, d'Uthman et d'Ali ne semble pas avoir eu recours à ce moyen inttendu pour enrichir les harems. En revanche, la pléthore de souverains abbassides, les gouverneurs de province, les corps expéditionnaires au Maghreb et leurs émules dans les Balkans, autant que les corsaires d'Alger, tous ces faiseurs de guerre ont eu recours à des procédés peu avouables.» (pp. 7-8) «Après tout, la guerre de Troie - qui relève évidemment de la légende - n'a-t-elle pas déclenchée à la suite d'un rapt d'Hélène par le jeune Troyen Pâris aux dépens de Ménélas, roi de Sparte et époux malheureux?» (p. 10)
Uma precisão de Malek Chebel: ao harém, apartamento exclusivo reservado às mulheres - haram 'alayk na Turquia e na Arábia, enderûn, no Irão, zenanah, na Índia - opõe-se o serralho -salam 'alayk em turco, birûn, em persa -, onde decorre o encontro. Chama-se manzana (termo árabe) o mirante que permite às mulheres observar sem serem vistas, bem protegidas por mucharabiehs.
«Le mot harem n'est entré dans le dictionnaire français que tardivement, soit vers le milieu du XIXe siècle. Si bien qu l'on disait indistinctement le sérail, comme dans le titre de l'opéra de Mozart, L'enlèvement au sérail (1782), le Grand sérail ou le Vieux sérail , en incluant le harem. Les grands personnages de l'État ottoman étaient même improprement appelés les "Sérails", alors même que ce terme dépasse évidemment le cadre strict du palais ottoman.» (p. 18)
«Au temps du jihad classique, et notamment sous l'ordre des califes Umar et Uthman, la règle du quint (khûms), qui fait suite à la pratique de Mohammed lui-même, organise la distribution des prises de guerre, aussi bien les dotations foncières, les récoltes, les troupeaux, les propriétés que les captives elles-mêmes. Tous les soldats sont recompensés pour leur engagement concret, leur enrôlement volontaire, certains d'entre eux étant spécialement distingués pour leur bravoure et leur témérité. Plusieurs batailles du début de l'islam apportent leur lot de 'awani (sing. 'aniya), captives de guerre. D'autres termes sont également employés, ils désignent les divers status de captives de guerre: ghanima, jariya, qayna, saraya, 'ahira, ce dernier vocable signifiant "prostituée". Certaines d'entre elles deviennet des hababa, des favorites. Selon le droit ancien, le cinquième de ses prises de guerre allait au Prophète, puis au calife légitime, et enfin au gouverneur de la province. La grande partie devait mécaniquement tomber dans l'escarcelle du trésor public, selon ce qui est dit dans le Coran et de là aux proches désargentés, aux orphélins, aux miséreux et aux gens de la route (ahl as-sabil): "ce que Dieu attribua comme prise de guerre à Son Envoyé... cela revient à Dieu. à l'Envoyé, à la parentelle, aux orphelins, aux indigents, aux fils du chemin" (Coran, LIX, 7, trad. J. Berque). Olus tard, et en cas de victoire, des fiefs sont accordés aux grands chefs militaires et aux soldats qui ont montré de la bravoure durant la bataille. Notons que sur les douze femmes qui composèrent le harem du Prophète après la mort de Khadidja, sa première épouse, avec laquelle Mohammed ets demeuré monogame, la doxa rappelle sans crainte (El-Bokhari, 810-870) que six femmes au moins ont rejoint sa demeure pour des considérations "socioreligieuses". Il s'agit de Juwayra (captive de guerre), Umm Habibah (veuve de Ubayda, musulman converti au christianisme en Ethiopie), Mariya (une esclave copte envoyée par le roi Mauqawqis), Safiyah bint Huayi (captive de guerre), Rayhana (rançon de la tribu des Bani Nadir) et Maymûna (qui s'est donnée elle-même au Prophète dans des circonstances peu claires). à la fin de sa vie, le Prophète ets "redevenu" tétragamique - ce qui est la règle admise - ne visitant plus que Aïcha, Umm Salama, Hafça et Zaynab. Dès lors, l'esprit polygamique fut considéré comme légal et est même recommandé par les defenseurs actuels du harem et de la polygamie.» (pp. 22-23-24)
Prosseguindo: «Lorsque l'on enferme les femmes, concubines et même les soeurs, pour pprotéger la pureté de la lignée, quelle valeur peut-on donner à leur opinion, leur consentement? L'islam impose que le consentement de l'épouse, même mineure, soit explicitement formulé et devant témoins, sans quoi, il ne peut y avoir d'union maritale. Mais pour les esclaves, concubines te femmes kidnappées au cours des batailles gagnées sur les impies, il n'existe pas de systéme codifié, tout comme d'ailleurs pour les recrues maasculines, les devshirmé, et que l'on conaît sous le nom de janissaires (du terme turc yeni sheri, "jeunes recrues" ou "nouvelle armée"). (p. 27)
«La hantise de la Walidé, mère omnipotente du sultan régnant, dont l'un des attributs est de surveiller le fonctionnement de le harem de son fils, est la naissance non desirée. Aussi, face à des concubines ambitieuses prêtes à ourdir leurs manoeuvres dans le silence des palais impériaux, la Walidé se veut-elle intransigeante. Même les épouses doivent être surveillées, car elles sont capables de tisser les fils d'une machination sexuelle, et de se lancer dans des jeux d'influence complexes.» (pp. 34-35)
«C'est là que réside la grande tragédie du harem: le destin de l'enfant mâle indésiré ou parfois scellé dès sa naissance , à moins que l'avortement n'est eu lieu avant. La fille de rang princier, elle, est orientée directement vers une nourrice qi s'en occupe et l'élève selon les règles établies au sein du harem, mais à l'abri de la rivalité des prétendantes. La précocité des mariages de jeunes filles s'explique en partie par l'angoisse de les voir engrossées en dehors des règles du clan. À sa maturité, vers quinze ou seize ans, la jeune fille est mariée à un cousin eloigné, un homme de la garde royale, parfois un prince de sang, mais de telle façon que son hérédité n'interfère en rien sur la lignée directe des successions. Si les destin des jeunes filles vierges est donc affecté par la politique, celui des petits garçons qui ne seraient pas fils du sultan ou du calife, mais qui pourraient remplacer l'héritier direct ou lui porter ombrage, sont égorgés ou jetés dans des oubliettes, urtout si la couche dont ils sont issus jouit d'une certaine légitimité: "Ce fils aîné du dernier sultan (Mahomet III) fit mettre à mort tous ses frères, au nombre de dix-neuf, ainsi que les femmes de son père, qu'il supposa pouvoir être enceintes" (in William Eton, Tableau historique de l'Empire ottoman, vol. 1, p. 189). Eton pense que Mahomet II, le prédécesseur, n'était pas moins cruel et qu'il était même "le plus detestable monstre qie le trône des Ottomans ait porté". N'a-t-il pas débuté "son règne infâme" par le meurtre de ses deux frères? Du reste, comme à l'époque du Pharaon qui craignait Moïse pour son règne à venir, toutes les naissances masculines susceptibles de mettre en péril les règnes de Bajazet II, Sélim I et Amurat III étaient sacrifiés, car la sécurité de la couronne l'exigeait. Le cynisme des lois despotiques est sans fin. Aussi, par précaution, cette éradication devait concerner les demi-sangs et les bâtards.» (pp. 35-36)
Traduzo das pp. 47-48: «O harém e o gineceu não são exclusivamente árabes ou turco-otomanos. Existiram em toda uma parte do planeta indo de África até à China, passando pela Grécia, Egipto e Índia antiga. Crê-se terem sido detectados nos Babilónios, nos Peruanos, nos Incas e nos Siameses. Ernest de Sarzec, cônsul-geral de França e arqueólogo, nascido em 1832, teria identificado em Tello, na Caldeia, a existência do primeiro harém na história humana (in Découvertes en Chaldée, 1884) datando-o de mais de 3 000 anos antes de Jesus-Cristo. Mas é de facto nas terras do islão, na Arábia, na Pérsia, na Turquia, no Yémen, no Afeganistão, no Maghreb e em África, que esta instituição assume uma forma nova e original. A distinção muçulmana deve-se em primeiro lugar ao facto do número de mulheres estar aqui limitado a quatro co-esposas (tetragamia), sem contar com as concubinas. O versículo corânico que o autorisa é muito explícito: "Tomai por esposas duas, três ou quatro, salvo se receais não ser justo com elas, não tomeis (então) mais do que uma ou os vossas presas de guerra" (Corão, sura As Mulheres, versículo 3). [Esta tradução do versículo do Corão é da responsabilidade de Malek Chebel e conferindo eu com o original árabe não é exactamente o que está escrito, embora o espírito seja idêntico]
Traduzo, agora, os dois últimos parágrafos deste capítulo do livro: «É difícil discordar dos viajantes ocidentais que desejam a estagnação do mundo do islão, ou um Maghreb conservador das formas antigas, tal como o descreveu muito espontaneamente (ou imprudentemente) Pierre Loti: "Ó Maghreb sombrio, permanece ainda muito tempo murado, impenetrável às coisas novas, volta as costas à Europa e imobiliza-te nas coisas passadas... Que Allah conserve ao povo árabe os seus sonhos místicos, a sua imobilidade desdenhosa e os seus trapos cinzentos" (in Au Maroc, p. 357-358).
Sobre as ideologias do kamikaze, Chebel escreve, e eu traduzo: «A ideia do kamikaze é tão extraordinariamente estranha ao entendimento moderno que acontece duvidar-se da sua existência. Pode uma tal figura ter sentido? Houve verdadeiramente aviões suicidas japoneses esmagados sobre aviões americanos em 1944? Mishima deu-se realmente à morte por eventração (sepppuku) ou tratou-se de uma simples ilusão, um realismo de pacotilha que se aproveita tanto da nossa credulidade como da nossa demasiada racionalidade? E os atentados-suicidas sobre as twin towers de New York? Será preciso, a cada instante, que o mundo se destrua parcialmente para escapar a uma profanação maior, a um apocalipse? Porque se inscreve no quadro de uma violência extrema e medieval e implica uma estrutura sacrificial quase ontológica, o kamikaze ("vento divino") é de facto um suicídiocom objectivo "criminoso". (pp. 53-54)
Conhecemos a defesa do suicídio por Séneca, que considera a morte como uma forma de liberdade, ou a de Plutarco e de Lucano, mas outros filósofos opuseram-lhe resistência. Voltaire recorda que o suicídio é mal visto pela sociedade cristã ao ponto que o "direito canónico, no título De Poenitentia, assegura que Judas cometeu um pecado maior ao estrangular-se do que ao vender Nosso Senhor Jesus Cristo".
Escreve o autor: «A exemplo do Decálogo, que se opõe ao suícidio, à eutanásia e ao aborto, o Corão recusa o suicídio como solução final e priva de sepultura aquele que, evitando a fogueira dos homens, se encontraria inevitavelmente na Gehena [Inferno]. Acto duplamente infamante, porque desonra tanto a memória do próprio suicidado como a do pai, da mulher e da filiação que deixa atrás de si. O suicídio é descrito como o sinal precursor da extinção da raça humana, a prefiguração da sua danação final.» (p. 55)
«Pour Albert Camus il y a un lien direct entre le nihilisme et le crime: "celui qui nie tout et s'autorise à tuer, Sade, le dandy meurtrier, l'Unique impitoyable, Karamazov, les zélateurs du brigand déchaîné, le surréaliste qui tire dans la foule... revendiquent le deploiement sans limites de l'orgueil human" (in L'Homme révolté, p. 349)» (p. 56) ... «Car, pour prolonger le titre de l'ouvrage de Dostoïevski, le geste du kamikaze est un crime demeuré sans châtiment.» (p. 56)
«Or, l'islam est formel: pas de rite mortuaire, pas d'oraison funèbre, non plus, ni même d'inhumation ou de crémation pour le kamikaze, car l'aliénation dont il est atteint lui impose de souffrir jusqu'à ce qu'il rend l'âme, sans transcender la douleur physique, qui demeure la marque de l'humain.» (p. 57)
«Détourné et contrefait, le Coran est revendiqué comme étant la source unique et pérenne de cette légitimation de l'acte fou du djihadiste et du kamikaze. Ceux qui se sont projetés sur les twin towers donnent un crédit réellement hallucinatoire à ce verset: "Ne dites pas que ceux qui meurent au service de Dieu sont des morts, mais des vivants..." (II, 154), et feignent d'ignorer que le contexte du début de l'islamisation est foncièrement distinct de celui d'aujourd'hui. Et qu'en outre, et c'est le plus caractéristique de leur folie, on ne mène pas las guerre à des innocents. La seule justification de la guerre en islam est la guerre d'autodéfense, car on ne peut être à la fois un bon musulman et un transgresseur. Par principe et par conviction, le kamikaze est loin de toute codification morale, ce qui est un gage en quelque sorte de son inhumanité.» (p. 58)
O terceiro capítulo é reservado ao Ma(n)ternel. Escreve o autor: «Le ma(n)ternel est le nom que je donne à un processus d'introjection symbolique, ou de "dévoration", de l'enfant mâle par sa propre mère pour que celle-ci puisse se construire par son truchement et trouve sa place de mère dans le rhizome familial. Le "n" de manternel symbolise le sentiment eprouvé par la mère qui fonctionne comme une "mante religieuse", au lieu d'adopter un sentiment maternel ordinaire.» (p. 59)
Para explicar devidamente este conceito de Malek Chebel seria necessário transcrever todo o capítulo, o que está fora de questão.
Transcrevo dois trechos:
«Lorsque l'Arabe met l'accent sur les liens claniques et la tribu, le musulman lui oppose une fraternité universelle, la Umma - qui étymologiquement provient de "Matrie". Lorsque le bédouin articule son univers sur un comput serré de la doléance, à travers notamment le culte des idoles, ou sur un espace-temps bien délimité, le musulman lui oppose un monothéisme abstrait, holistique et prégnant.
Entre les deux mondes, une frontière s'est peu à peu constituée, aidée par l'éloignement de plus en plus grand des centres de référence situés dans l'Hedjaz. L'Arabe est le principe de réalité du musulman, sa part empirique. Le musulman est la projection eschatologique de l'Arabe. L'un existe dans le réel immédiat, il est pragamatique, affectif et spontané; l'autre assujetit son présent à son futur, sa vie terrestre à son au-delà, son réalisme à sa spiritualité. L'Arabe veut donner une épaisseur humaine au musulman, tandis que le musulman vise à extraire cette autre part de lui-même, l'Arabe, le Persan, l'Africain, le Turc, de son obsolescence historique, tout en réduisant à la portion congrue son lien viscéral à la mythologie ancienne, son extase des origines. Le prophète Mohammed aurait dit que l'islam effaçait les "enjambements" décrétés par la prédication islamique à l'endroit des valeurs coutumières à tonalité arabe ou sémitique, y compris les généalogies. Mais ces valeurs ont résisté à l'effondrement, ce que esplique la survivance des particularismes arabes et béouins, y compris dans le champ semantique musulman,» (p. 62)
E
«Il me semble intéressant ici de décrypter le substrat maternel qui agit à l'ombre de la psychologie colective des Arabes. Pour le distinguer du "sentiment maternel", appelons ce susbtratum le "mnternel". Il s'agit d'une relation priviligiée, exclusive et inconsciente entre une mère musulmane et son fils. [...] L'idée principale est la suivante: dans la mesure où la femme arabe ou musulmane ne peut exister en tant qu'individu que lorsqu'elle a mis au monde des enfants mâles et que ces mêmes enfants ont à leur tour enfanté d'autres enfants mâles, il apparaît évident que la relation mère-enfant s'inverse au fil du temps, pour devenir une relation enfant-mère.» (p. 65)
No quarto capítulo, o autor trata dos livros interditos e dos autos da fé. Começa por escrever: «L'enfer des bibliothèques arabes n'est pas connu, mais il est déjà rempli. Ce qui le sous-tend est formulé dans toutes les manuels de l'islam: le Coran est le seul livre qui vaille la peine d'être appelé livre. Il y est presenté comme une dénégation, voire une récusation claire de tous les autres livres. De plus, le champ de l'interdit continue à s'étoffer au rythme organiquement prospère de l'ensauvagement des élites au pouvoir.» (p. 75)
«En 1989, avec Les Versets sataniques de Salman Rushdie - sur lequel on peut toujours discuter en terme littéraire -, l'imam Khomeiny, fort de son bon droit de Mahdi réincarné, a posé le périmètre d'une censure religieuse acariâtre et hargneuse. Dans le domaine politique, les postulants au califat ne se comptent plus, sans forcément rendre leur choix audible. Ils prennent n'importe quel prétexte, de simples lazzis inconvenants aux insoumissions potaches, pour envoyer au diable des personalités charismatiques qui agissent comme des éveilleurs de conscience. La question est pourtant simple: "le roi, le sultan, le calife peuvent'ils être en même temps souverains de droit commun et chefs spirituels?" Ce qui dérange le plus dans la question des versets sataniques tient à un bout de phrase, qui aurait été dicté par Satan au Prophète et que le Coran avait formulé une première fois de cette manière, avant de l'abroger aussitôt: "Avez-vous consideré Al-Lat, Al-'Uzza et Manat, cette autre troisiéme (idole)? Ce sont de 'sublimes déesses' et leur intercession est certes souhaitée" (Coran, LIII, 19-21). Ce verset a choqué les premiers croyants, car il laissait entendre qu'Allah n'était pas seul à mériter leurs louanges et leur vénération. L'islam n'était-il donc plus un monothéisme, mais une variante du polythéisme antique, voire un totémisme? Ayabt réalisé l'anomalie, le Prophète se serait alors aussitôt ressaisi et aurait annoncé le verset tel quel qu'il aurait dû être compris. On pensait l'affaire close, mais cette substitution d'entités a entraîné des conséquences fâcheuses aux premiers temps de la prédication, et même après. Elle est devenue la ligne de fracture qui sépare les adeptes de Mohammed, mecquois et médinois, de leurs opposants. La césure s'est estompée un moment avant de renaître sous d'autres formes, dans d'autres habits, précisément dans le champ politique, avec la réflexion autour de la "gouvernance musulmane". Est.elle héréditaire ou consensuelle? La descendance du Prophète peut-elle se passer de la compétence des prétendants au califat en lieu et place d'un simple legs de père en fils, en somme en héritage royal? Jusqu'à une date récente (1925), la séparation des deux instances, le politique et le religieux, n'a jamais été à l'ordre du jour, ni même dans un ennoncé qui aurait pu faire basculer l'islam dans la modernité politique. On sait le blocage ancien et peu audibl de la plupart des théologiens. Ainsi, Abu'a- 'Ala al-Ma'arri (mort en 1057), le poète aveugle de la Syrie, individualiste, agnostique, végétarien et fermement opposé à l'hypocrisie des clercs, est devenu de son vivant la bête noire des conservateurs et de quelques souverains en mal de légitimité.[...] En 2007, deux institutions algériennes, le Ministère de l'information et le Minist`re des affaires religieuses (fondations pieuses), organisateurrs du Salon (international) du Livre d'Alger, ont réussi à interdire à la vente tout livre d'Abû -l-'Ala al-Ma'arri sans donner aucun prétexte.» (pp. 76-77-78)
Traduzo agora: «Depois da religião, e da política, a sexualidade constitui a terceira veia má que exaspera os censores e os moralistas. Enquanto o amor cortês (al-hubb al-'ûdhri) foi cantado em terra árabe muito antes do islão, a nova religião suscitou velhos suficientemente odiosos para reprimir sem medida qualquer impulsão de desejo e qualquer incitação à felicidade carnal. Os poetas que mantiveram um verbatim quotidiano das suas trocas românticas com a dulcineia são os mais visados. Sofreram a censura, a difamação, a apostasia e a condenação.» (pp. 80-81)
«Numa veia mais filosófica, os dois primeiros séculos da Hégira foram muito fecundos, em especial desde que um movimento constituído por livres pensadores se destacou progressivamente doprincipal ramo teológico, e se afirmou, fazendo da sua autonomia a sua identidade. Este movimento chama-se o mutazilismo e os seus adeptos foram qualificados (porque era uma ofensa velada) de mutazilitas, "os que se libertaram" dos dogmas em vigor. Segundo a tardição, os mutazilitas inauguraram o pensamento livre, uma filosofia racional sobre um fundo que era mantido pela dogmática islâmica em formação. Os mutazilitas tiveram uma intuição principal: a Unicidade de Deus (Allah), acima de qualquer expansão humana, é autosuficiente. Também o Corão que lemos simboliza evidentemente a Palavra de Deus Único, mas não o pode representar. Desde essa época, a questão do Corão santificado e sobrehumano como "um atributo eterno de Deus", é colocada por este movimento racionalista que Heinrich Steiner foi o primeiro a identificar como um grupo de "livres pensadores" (Freidenker), por volta de 1865. Hoje, aqueles que idolatram em excesso o texto sagrado do islão inscrevem-se evidentemente em falso contra o movimento mutazilita, que é violentamente combatido por todas as grandes escolas de pensamento, como o ach'arimos, o hanbalismo, e o wahhabismo. Grandes pensadores apresentaram-se contudo como mutazilitas: entre els, Jahiz (m. 869) não foi apenas um grande prosador, sem dúvida o primeiro dos maiores, mas também um espírito livre e contestatário, um homem curioso e rebelde.» (pp. 83-84)
«Après dix siècles d'existence, une association égyptienne du Caire baptisée Avocats sans frontières, a tenté il y a quelques années à peine, de réduire au silence Shéhérazade en interdisant toute publication nouvelle des Milles et Une Nuits. Pour ce faire, on est allé exhumer de l'oubli une loi antédiluvienne du Code pénal égyptien (article 178) selon laquelle la publication, la diffusion et la vente de toute texte dont la verdeur des mots porterait atteinte à la "décence publique" seraient interdites.» (p. 87)
«N'est-t-il pas surprenant que depuis toujours, on ait cherché à faire taire les écrivains les plus modernes et les plus progressistes, les plus frondeurs, comme ce fut le cas avec Abu Nuwas (76a-v.813) et Omar Khayyam (v.1050-v.1123), qui aimaient par-dessus tout, et chacun à sa manière, la dive bouteille, les jeunes femmes, les mignons, les bouges et les tavernes. Averróes (1126-1198), lui-même a été contesté et vilipendé en raison du souhait qu'il avait exprimé de mener à son terme son grand Commentaire d'Aristote, et plus particulièrement du De Anima, car les autorités religieuses redoutaient une mise en question trop violente de l'islam officiel. » (pp. 91-92)
«L'histoire n'est pas faite seulement d'incantations pieueses et d'extases sublunaires. Outre le Soudanais Mahmud Muhammad Taha (1909-1985) et Farag Foda (1946-1992), Égyptien de son état, qui moururent tous deux assassinés pour apostasie, Taha Hussein (1889-1973), lui, a été esté en justice pour un médieval "procès en héresie littéraire" et suspendu d'enseignement universitaire de 1932 à 1934.» (p. 93)
O último capítulo respeita à imolação ou sacrifício. Recorda o autor a imolação pelo fogo do tunisiano Bouazizi, que esteve na origem da agitação que ficou conhecida como "primaveras árabes". «L'islam interdisant le suicide, Bouazizi semble nous dire que son enfer, il le porte en lui-même, c'est sa "veine jugulaire" (al-habl al-warid, terme coranique, L, 16), et que rien ne peut l'en séparer.» (p. 99)
O texto já vai longo mas não resisto a traduzir mais um trecho relativo à imolação: «As imolações dos animais de sacrifício (e acessoriamente as decapitações em contexto de guerra) deu uma imagem dantesca do mundo árabe e do islão. Portanto, é necessário, para melhor estudar este fenómeno, regressar à primeira imolação, a que permanece esteitamente ligada a Abraham. Segundo s Sagradas Escrituras, submetidas à ordem divina, o fundador do monoteísmo esteve à beira de decapitar o seu filho Ismaël, quando um carneiro salvador se lhe apresentou de maneira oportuna. Lembremos que os judeus e os muçulmanos não estão de acordo quanto à figura do filho, falando uns de Isaac e outros de Ismaël. Os dois irmãos, o mais velho e o mais novo, o legítimo e o ilegítimo, o filho da esposa principal longamente estéril, Sara, e o filho da escrava fecunda, Agar, são rivais. Uma das mães, Sara, tem direitos, a outra, Agar, nenhum. Eis a narração do Génesis: Saraï, mulher de Abram, não tinha podido dar-lhe um filho. Ela tinha uma escrava egípcia, chamada Agar. Saraï disse então a Abram ("Pai Elevado" - ele tornar-se-á mais tarde Abraham, "Pai de uma Multidão"): "Eis que o Eterno me tornou estéril; vai, peço-te, para a minha escrava; talvez tenha filhos através dela. E Abram obedeceu à voz de Saraï" (Génesis, XVI, 1-2). A narração bíblica atesta-o, Agar é uma escrava egípcia, em primeiro lugar uam escrava estrangeira, depois serva e finalmente concubina, antes de se tornar mãe. Os árabes chamam-lhe Hajar, a Exilada, de hajara, "partir", "deixar", e prestam-lhe uma notável veneração. À nascença do seu filho Ismaël ("Deus ouve"), que faz dela uma mulher livre em face do direito antigo, Agar despertou na sua antiga patroa um forte ciúme que se transformou em profunda aversão dada a nova situação entre elas, o parto de uma, a esterilidade da outra. Sara pede a Abraham, já com 86 para afastar a sua rival, porque se sente ofendida. Agar, a exilada egípcia, vai então não para o Egipto, que simboliza para ela a servidão passada, mas para a Arábia, "perto de uma fonte de água, no deserto", mais exactamente - segundo os árabes - em Meca, onde se realiza nos seus múltiplos papéis de mulher livre, de esposa de patriarca e de fundadora de linhagem. Esta narrativa é uma das mais extraordinárias que possa existir, porque da sua exposição depemdem tantas linhas de força novas, algumas convergentes, outras divergentes. Saraï torna-se Sara, segundo a vontade de Deus (Génesis, XVII, 15), dá à luz uma multidão, que nasce do seu filho Isaac. Abraham tem então 100 anos e Sara nesse momento 90 anos. Mas regressemos à imolação frustrada de Ismaël, porque ela comanda um tropo de disseminação positivo extremamente importante em face da lei religiosa. Um outro cenário teria sido impossível, porque se a imolação fosse conseguida, do lado do sacrificador, isso teria provocado um "impensável" contratempo, dito de outro modo a suspensão da narração bíbica. E criado um precedente que teria roçado o absurdo. No islão, há dois tipos de imolação: a pequena (um galináceo, uma cabra, um cordeiro) e a grande, a imolação simbólica de Ismaël e seus sucedâneos, como a ablação do prepúcio, a tonsura das crianças ou o facto, menos conhecido, de sangrar simbolicamente algum animal para abençoar os trabalhos e as sementeiras. » (pp. 100-101-102)
Todo este capítulo é curiosíssimo, mas importa terminar aqui dada a extensão do texto.
Os interessados na matéria poderão adquirir o livro, de que não existe, ao que creio, tradução portuguesa.










